Renforcer l’eau, l’hygiène et l’assainissement : Quand le projet WASH de GDCB transforme durablement les formations sanitaires au Burundi

Dans les provinces de Kirundo, Kayanza et Gitega, l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement dans les formations sanitaires n’était pas seulement une question d’infrastructures, mais un véritable enjeu de dignité humaine et de sécurité sanitaire. Entre octobre et décembre 2025, l’ONG Global Development Community Burundi (GDCB), avec l’appui financier de l’UNICEF, a mis en œuvre un projet WASH intégré qui a profondément transformé le quotidien de dix formations sanitaires (FOSA) et de milliers de bénéficiaires.

Avant l’intervention du projet, de nombreuses formations sanitaires des districts de Mukenke, Kayanza et Mutaho faisaient face à des conditions WASH alarmantes. L’absence ou la vétusté des latrines et des douches, le manque d’eau potable fiable, l’insuffisance de systèmes de stockage et la mauvaise gestion des déchets biomédicaux exposaient patients, accompagnants et personnel soignant à des risques élevés d’infections.

Dans certaines structures, les femmes enceintes devaient parcourir de longues distances pour accéder à des sanitaires fonctionnels, tandis que le personnel médical travaillait dans des conditions d’hygiène incompatibles avec les normes de soins de qualité. Ces déficits fragilisaient la lutte contre les infections associées aux soins et compromettaient la confiance des communautés envers les services de santé.

Face à cette situation, GDCB, en partenariat avec l’UNICEF et en collaboration étroite avec les autorités sanitaires locales, a conçu un projet WASH holistique, alliant infrastructures, renforcement des capacités et changement de comportements.

Le projet a couvert dix formations sanitaires réparties dans trois provinces prioritaires : Kirundo, Kayanza et Gitega. Chaque site a bénéficié d’interventions adaptées à ses besoins spécifiques.

À Kirundo, plusieurs centres de santé, dont Mukenke, Buhoro, Kibazi et Kimeza, ont vu émerger de nouveaux blocs de latrines et de douches séparées pour les hommes et les femmes, surs et adaptés aux personnes à mobilité réduite, des points d’eau sécurisés ainsi que des poly tanks de 5 000 litres. À l’Hôpital de Mukenke, l’installation de deux grands réservoirs d’eau a permis d’assurer une disponibilité continue pour les services sensibles comme la maternité et le laboratoire.

À Kayanza, les centres de santé de Murima et Kabuye ont bénéficié à la fois de nouvelles constructions et de réhabilitations d’infrastructures existantes, mettant fin à des années d’insalubrité. À Kabuye, l’intervention a été particulièrement complète, incluant la réhabilitation de latrines et de douches, l’installation d’un poly tank et la création de points d’eau fonctionnels.

À Gitega, l’accent a été mis sur le renforcement des capacités de stockage d’eau et la gestion sécurisée des déchets biomédicaux. L’Hôpital de District de Mutaho et l’Hôpital Communal de Bugendana disposent désormais de poly tanks modernes, tandis que l’incinérateur de Bugendana a été réhabilité, réduisant considérablement les risques environnementaux et sanitaires.

« Aujourd’hui, nous travaillons dans la dignité » : la voix des bénéficiaires

Au-delà des chiffres, ce sont les témoignages du personnel et des usagers qui traduisent le mieux l’impact du projet.

« Avant, nous avions souvent des coupures d’eau pendant les accouchements. Aujourd’hui, grâce aux poly tanks installés, nous travaillons avec sérénité. La sécurité des mères et des nouveau-nés est grandement améliorée », témoigne Aline, une sage-femme de l’Hôpital de District de Mutaho.

Au Centre de Santé de Kibazi, un hygiéniste confie : « Les nouvelles latrines et douches sont faciles à entretenir et les patients les utilisent sans réticence. On sent un vrai changement dans les comportements et dans le respect des lieux. »

Pour les patients, l’amélioration est tout aussi perceptible. Une accompagnante rencontrée au CDS Mukenke explique :

« Venir à l’hôpital n’est plus une souffrance supplémentaire. Les sanitaires sont propres, il y a de l’eau, et on se sent respecté. » Claudette NDIKUMANA, 32ans, mère venu faire soigner son enfant.

Former pour pérenniser : un investissement dans le capital humain

Consciente que la durabilité des infrastructures dépend avant tout des femmes et des hommes qui les utilisent, GDCB a fait du renforcement des capacités un pilier central du projet.

Les hygiénistes et le personnel de santé ont été formés à l’entretien et à la maintenance des infrastructures sanitaires, transformant leur approche quotidienne de l’hygiène. L’introduction de l’outil WASH FIT, développé par l’OMS et l’UNICEF, a permis aux responsables des FOSA d’autoévaluer leurs performances et de planifier des améliorations continues.

Par ailleurs, 240 agents de santé communautaires ont été formés sur la prévention et le contrôle des infections dans le contexte WASH, assurant une diffusion des bonnes pratiques jusque dans les ménages et les collines les plus reculées.

Le projet a également intégré des formations essentielles sur la Prévention de l’Exploitation, des Abus et du Harcèlement Sexuels (PEAS) ainsi que sur les Violences Basées sur le Genre (VBG). Ces sessions ont renforcé la vigilance du personnel, clarifié les mécanismes de signalement et contribué à instaurer un environnement de soins plus sûr et plus respectueux des droits humains.

« Nous savons désormais comment réagir et vers qui orienter une personne victime de violence. Cela renforce notre responsabilité professionnelle et humaine », souligne Jacques BIGIRIMANA, un infirmier du CDS Bugendana, formé dans le cadre du projet.

Au terme du projet, les résultats sont éloquents : dix formations sanitaires disposent désormais d’infrastructures WASH fonctionnelles, des milliers de patients bénéficient de conditions d’hygiène améliorées, et le personnel est mieux équipé pour prévenir les infections et protéger les plus vulnérables.

Les effets se font déjà sentir à travers la réduction des risques infectieux, l’amélioration de la dignité des usagers, le renforcement de la confiance des communautés envers les services de santé et une meilleure résilience des établissements face aux pénuries d’eau.

Une reconnaissance au plus haut niveau

Le 11 décembre 2025, l’inauguration officielle des infrastructures à l’Hôpital de District de Mutaho, présidée par Son Excellence la Ministre de la Santé Publique, a marqué un moment fort du projet. Cette cérémonie a symbolisé l’engagement des autorités nationales, de l’UNICEF et de GDCB à faire de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement une priorité de santé publique au Burundi.

Le projet WASH mis en œuvre par GDCB avec l’appui de l’UNICEF illustre avec force qu’une approche intégrée combinant infrastructures, formation et protection peut transformer durablement les conditions de soins dans des contextes vulnérables. En améliorant l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, ce projet n’a pas seulement construit des ouvrages : il a restauré la dignité, renforcé les capacités locales et posé les bases d’un système de santé plus sûr, plus humain et plus résilient.

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