À l’hôpital REMA, dans la province de Buhumuza, les effets du renforcement de l’offre de soins commencent à se faire sentir. Une visite programmatique organisée jeudi 17 septembre 2026 a permis à Dr Rose Nkiko, spécialiste en santé publique à l’UNICEF Burundi, de suivre l’état d’avancement des activités soutenues par l’UNICEF à travers Global Development Community Burundi.
Cette visite intervient dans un contexte marqué par l’arrivée massive de réfugiés congolais au Burundi, à la suite de la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Depuis janvier 2025, le Burundi a accueilli plus de 100 000 réfugiés en provenance principalement des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Face à cet afflux, les autorités burundaises ont aménagé le site de Busuma, dans la province de Buhumuza, commune de Ruyigi, afin d’accueillir les personnes réfugiées. Entre décembre 2025 et janvier 2026, le site a hébergé plus de 67 000 réfugiés congolais.
De la prise en charge primaire aux soins secondaires
Sur le site de Busuma, trois cliniques mobiles assurent les soins de santé primaires. Toutefois, l’ampleur des besoins a rapidement mis en évidence la nécessité de renforcer le dispositif de référencement vers des structures capables d’assurer des soins secondaires et spécialisés.
Les femmes enceintes nécessitant notamment des interventions obstétricales, les nouveau-nés ainsi que les patients présentant des pathologies complexes figuraient parmi les cas nécessitant une prise en charge hospitalière adaptée.

À la suite d’une réunion tenue le 2 janvier 2026 au cabinet du ministre de la Santé publique et face aux besoins croissants de prise en charge, le renforcement des capacités de l’hôpital REMA a été identifié comme une réponse nécessaire pour assurer la continuité des soins aux patients référés depuis Busuma.
Avec l’appui de l’UNICEF Burundi, mis en œuvre à travers GDCB et en coordination avec les autorités sanitaires, l’hôpital REMA a ainsi bénéficié d’un appui visant à renforcer sa capacité de prise en charge.
Des équipements, du personnel et des intrants médicaux
L’intervention de l’UNICEF s’est articulée autour de plusieurs axes : le renforcement des capacités matérielles de l’hôpital, l’appui en ressources humaines et la mise à disposition d’intrants médicaux nécessaires à la prise en charge des patients.
Cette intervention a notamment contribué au développement de services permettant de mieux répondre aux besoins des patients référés, notamment dans les domaines de la néonatologie et de l’imagerie obstétricale.

Depuis le début de la prise en charge, les résultats observés sur le terrain témoignent de l’importance de cet appui pour les patients nécessitant des soins hospitaliers.
Des histoires qui donnent un visage aux résultats
Au-delà des chiffres, certaines histoires vécues à l’hôpital illustrent concrètement l’importance de la prise en charge.
Lors de la visite, Dr Rose NKIKO a notamment rencontré un enfant prématuré admis en néonatologie avec un poids de 400 grammes. Après une semaine de prise en charge, son état avait connu une évolution favorable, avec un poids atteignant 2 kilogrammes, selon Dr François, responsable du service de néonatologie.

Dans un autre cas, une femme de 38 ans admise pour une rupture utérine sur utérus cicatriciel a pu bénéficier d’une intervention chirurgicale grâce à la disponibilité de l’équipe médicale renforcée.
Ces situations illustrent, au-delà des statistiques, l’importance d’un système de référencement fonctionnel et de la disponibilité de personnel et d’équipements adaptés pour la prise en charge des urgences médicales et obstétricales.
Plus de 23 400 patients réfugiés pris en charge
Depuis le lancement de l’intervention, l’hôpital REMA a pris en charge plus de 23 400 patients réfugiés, selon les données disponibles dans le cadre de la visite.

L’appui s’inscrit ainsi dans une approche visant à répondre aux besoins immédiats des réfugiés tout en contribuant au renforcement des capacités du système de santé local et à la continuité des services pour les communautés hôtes.
Des défis qui persistent
Malgré les progrès enregistrés, plusieurs défis demeurent. L’approvisionnement en gasoil constitue notamment une difficulté pour assurer la continuité du fonctionnement de certains services essentiels, notamment la néonatologie et le bloc opératoire, en cas de coupure d’électricité.

L’hôpital fait également face à une demande importante en matière d’interventions chirurgicales. Le renforcement du deuxième bloc opératoire figure ainsi parmi les besoins identifiés afin d’accroître la capacité de réponse de l’établissement face à la demande croissante des patients réfugiés et des populations hôtes.
Un appui qui dépasse la seule réponse d’urgence
Structure de référence pour les soins secondaires dans la zone, l’hôpital REMA joue désormais un rôle important dans le dispositif de référencement des patients provenant du site de Busuma.
Selon les données disponilbes, la prise en charge soutenue par l’UNICEF concerne environ 70 % de patients réfugiés congolais et 30 % de patients issus de la population hôte.
À travers cet appui, l’objectif ne se limite donc pas à répondre à l’urgence humanitaire. Il s’agit également de contribuer au renforcement du système de santé au Burundi, en améliorant les capacités d’une structure hospitalière qui assure la prise en charge de patients vulnérables, tout en maintenant l’accès aux soins pour les communautés qui l’entourent.

À l’hôpital REMA, chaque consultation, chaque intervention chirurgicale et chaque nouveau-né pris en charge viennent ainsi rappeler qu’au-delà des infrastructures et des équipements, le renforcement du système de santé se mesure surtout à sa capacité à sauver des vies et à offrir aux patients des soins de qualité, au moment où ils en ont le plus besoin.





