
L’accès à des sanitaires décents dans les écoles ne relève plus du luxe mais d’une nécessité impérieuse pour garantir la santé, la dignité et la réussite scolaire des enfants. Ce lundi, 07 juillet 2025, quatre établissements de la capitale économique du Burundi ont bénéficié d’un coup de neuf sanitaire, avec la remise officielle de blocs de latrines entièrement rénovés.
Quatre écoles, un même défi : l’hygiène en milieu scolaire

Le Lycée Reine de la Paix de Ngagara, l’Écofo Gasenyi I, l’Écofo Gasenyi II et le Lycée Don Bosco de Buterere sont désormais dotés de nouvelles installations sanitaires. Ce projet, mené par Global Development Community Burundi (GDCB) avec l’appui de l’UNICEF, s’inscrit dans un effort national pour améliorer les conditions d’apprentissage et répondre aux enjeux de santé publique.
À travers la réhabilitation des blocs de latrines, l’installation de dispositifs de lavage des mains, la séparation filles/garçons, ou encore la mise en place de réservoirs d’eau de secours, ces écoles s’équipent pour faire face aux risques de maladies hydriques comme le choléra, la typhoïde ou le Mpox.
Une cérémonie officielle et des paroles fortes

La cérémonie de remise, tenue en présence de nombreuses autorités, a été présidée par M. Herménégilde Burikukiye, Secrétaire permanent au Ministère de l’Éducation nationale. À ses côtés, Mme Mame Selbee Diouf, Représentante adjointe de l’UNICEF Burundi, et Dr. Vouofo Brondon, Directeur pays de GDCB.

« Ces infrastructures ne sont pas de simples constructions, ce sont des outils d’émancipation. Une école sans hygiène est une école sans avenir », a martelé M. Burikukiye.

Mme Diouf a quant à elle salué un partenariat « exemplaire » entre l’État, la société civile et les partenaires techniques :
« L’hygiène scolaire est une condition sine qua non pour la réussite éducative. »
Les filles en première ligne
Derrière ces blocs sanitaires rénovés, un enjeu de fond : l’équité de genre. Faute de toilettes séparées ou de points d’eau pour gérer leurs menstruations, de nombreuses adolescentes manquent l’école plusieurs jours par mois, voire abandonnent complètement.

« Avant, nous n’osions pas aller aux toilettes. Aujourd’hui, nous nous sentons respectées et en sécurité », témoigne Abigaëlle Igiraneza, élève au Lycée Reine de la Paix.
Une approche participative pour plus d’impact
Le projet ne s’est pas limité aux travaux. Élèves, enseignants et parents ont été étroitement associés. Des clubs d’hygiène ont vu le jour dans les écoles pour ancrer de bonnes pratiques. Une formation des enseignants sur les questions d’hygiène et d’assainissement a également été dispensée, tandis qu’un plan de maintenance a été mis en place avec les directions scolaires.
« Merci aux partenaires. C’est maintenant à nous, parents, de faire en sorte que ces infrastructures soient bien entretenues », souligne Jean Paul Ndayisenga, père d’un élève.
Un investissement pour l’avenir
Au-delà des murs fraîchement repeints et des robinets installés, c’est tout un modèle éducatif qui se renforce. Parce qu’un enfant qui étudie dans un environnement propre et sécurisé est un enfant qui apprend mieux, qui tombe moins malade et qui reste plus longtemps à l’école.
Avec cette initiative, GDCB, l’UNICEF et le Ministère de l’Éducation envoient un message clair : l’hygiène scolaire n’est pas une option, c’est un droit.



